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 FAQ : la Cirrhose Biliaire Primitive

Hôpital Saint Antoine
Service d'Hépatologie
Bât. J. Caroli - 8ème étage
184, rue du Fg Saint Antoine
75571 PARIS CEDEX 12

 
Causes et pathogénie de la maladie
 

La ou les causes de la maladie sont inconnues. Autrement dit, pour faire le diagnostic, les causes habituelles d’inflammation hépatique doivent être écartées.

On estime actuellement que le mécanisme déclenchant l’apparition de l’hépatite auto-immune nécessite des facteurs déclenchants et un terrain de susceptibilité génétique particulier.

Les facteurs déclenchants sont très probablement des virus. Les arguments sont les suivants :

1) de nombreux virus en particulier les virus hépatotropes (ceux qui se multiplient dans le foie) déclenchent fréquemment des phénomènes d’auto-immunité ressemblant aux phénomènes d’auto-immunité observés dans l’hépatite auto-immune ;

2) certains cas d’hépatite auto-immune vrais sont précédés d’infections virales telles que la rougeole, les infections à cytomégalovirus ou à Epstein Baar virus mais aussi des infections par le virus de l’hépatite A ou C ;

3) d’autres facteurs déclenchants classiques sont les médicaments. En effet, certains médicaments ont été rendus responsables d’atteinte hépatique mimant tout à fait une hépatite auto-immune.  
Cela a été le cas en particulier de l’oxyphenisatine, médicament utilisé dans le traitement de la constipation, certains médicaments hypertenseurs, le plus connu ayant été l’acide tienilique, médicament retiré du commerce depuis plusieurs années pour cette raison. Plus récemment, certaines statines, certains antibiotiques, certains anti-inflammatoires ont été tenus pour responsables d’atteintes hépatiques mimant les hépatites auto-immunes.
Cependant, dans toutes ces situations, l’arrêt du médicament a toujours été accompagné de la régression des signes d’hépatite auto-immune.

Le deuxième facteur important dans le déclenchement de la maladie est la susceptibilité génétique.
L’un des systèmes qui contrôle l’immunité est le système des gènes HLA (Human Leucocyte Antigen). Il s’agit d’un ensemble de gènes, présents sur le chromosome 6 au sein d’un complexe dit « complexe majeur d’histocompatibilité).

Ce système présente une variabilité génétique considérable. Il comporte une très grande quantité de gènes codant pour des protéines, dont le rôle est de présenter au système immunitaire (les lymphocytes, les macrophages), les molécules appartenant à des virus, des bactéries ou des xénobiotiques.

Autrement dit, si la protéine ou un peptide HLA caractéristique d’un individu est incapable de présenter correctement au système immunitaire un peptide d’origine microbienne, la réaction immunitaire ne se fera pas ; de ce fait, l’inflammation ne se produira pas.

En revanche, la situation inverse peut être imaginée, certains individus ont des molécules HLA très performantes capables de présenter des peptides microbiens au système immunitaire. Dans cette situation, le système immunitaire répondra de façon optimale et permettra l’élimination définitive du peptide microbien.

Dans les situations intermédiaires, on peut imaginer que l’antigène microbien sera présenté de telle manière que la réaction du système immunitaire sera déclenchée mais insuffisante pour éliminer définitivement l’antigène. Dans cette situation, une réaction inflammatoire chronique se créée : c’est l’hépatite auto-immune chronique.

Certaines molécules HLA (dites HLA DR3, DR4) sont typiquement associées à l’hépatite auto-immune. Le groupe HLA DR3 est associé fréquemment à des hépatites sévères, les molécules HLA DR4 à des hépatites moins sévères.

Comme on l’a vu plus haut, on voit que le système immunitaire lui même - indépendamment des molécules HLA -  a un rôle crucial. Un système immunitaire paralysé tel que l’on le voit dans certains déficits immunitaires, primitifs ou acquis (acquis signifie du fait de l’administration d’une chimiothérapie, d’un traitement immuno-suppresseur) protège contre le déclenchement de l’autoimmunité.

Des arguments récents sont apportés par des études in vitro et in vivo montrant que certaines populations de lymphocytes appelés CD4+ CD25+, lymphocytes régulateurs pourraient être en cause dans la survenue d’auto-immunité. Cela a été montré dans une maladie auto-immune comme le lupus érythémateux disséminé et également l’hépatite auto-immune.

Caractéristique & diagnostic

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